La crise financière qui a provoqué la chute des marchés boursiers en octobre 2008 a soudain rendu moins riches non seulement la grande majorité des investisseurs, mais aussi les bénéficiaires de la plupart des fonds de pension. Et au-delà de la perte de valeur et de son impact sur les prestations en cours ou à venir, cette onde de choc s’est répercutée sur l’économie, ébranlant le niveau de confiance des investisseurs. Et par ricochet celui des consommateurs.
La retraite s’annonçait prometteuse. Même si l’on savait qu’après les Baby Boomers, il faudrait procéder à des ajustements de durée et de cotisations. La croissance économique mondiale était vigoureuse et la plupart des pays industrialisés permettait à de plus en plus de gens d’accéder à une plus grande richesse matérielle. Le système financier donnait libre cours à sa créativité débridée et à sa boulimie de profits.
Cette consommation effrénée tout azimut était soutenue par une dette qui s’accumulait au même rythme, mais on ne voulait pas la voir. La crise, provoquée par l’explosion des bulles immobilières, des subprimes, des titrisations et autres acronymes tels les PCAA* et les CDS* ont ébranlé la machine financière, et surtout bouleversé le paradigme de notre système économique dans lequel nous étions devenus ivres. Nous sommes subitement redescendus sur terre et découvrons aujourd’hui que la dette des États est une épée de Damoclès.
Comme le dit Hélène Gagné 1 avec urgence dans son dernier livre Votre retraite crie au secours, « il ne faut pas se bercer d’illusions. On ne dépensera probablement pas moins à la retraite que maintenant, notre fonds de pension sera peut-être moins généreux qu’on ne le pense, nos rentes provenant des régimes publics risquent d’être insuffisantes, sans oublier que les gouvernements n’auront pas les moyens de payer pour nos soins de santé ».
En effet, la crise que nous traversons est sérieuse. Même si les chiffres et le sentiment semblent nous dire que le pire est passé, il ne faut pas sous-estimer les problèmes qu’on risque d’avoir à cause de l’endettement massif de plusieurs pays. Les gouvernements ne peuvent pas continuer d’imprimer de l’argent pour stimuler l’économie. À un moment donné, il faut qu’il y ait de la demande réelle, de la croissance de l’emploi, de la création de richesse. Cette crise est donc en train de changer radicalement notre manière de consommer, provoque des drames et des larmes, mais elle nous permet aussi de devenir responsables de nos affaires financières. Quelle que soit notre situation, nous devons regarder avec d’autres yeux la planification de notre retraite, et penser à éduquer nos enfants à la chose économique et financière pour mieux planifier la leur.
Si la croissance économique passe par l’innovation, désormais elle doit aussi passer par l’éducation. L’objectif n’est pas de devenir un expert en gestion de portefeuilles ou en planification financière, mais c’est la responsabilité de chaque investisseur de suivre ses affaires, de s’éduquer et d’oser poser des questions. Le choix du conseiller financier est essentiel. Il est là pour nous accompagner dans notre cheminement pour mieux assurer notre sécurité financière.
Ceux qui participent à un régime de retraite (environ 42 % des travailleurs) ont déjà une longueur d’avance sur leurs concitoyens: à l’heure de la retraite, ils pourront compter sur un revenu additionnel qui réduira l’écart entre les rentes qu’ils toucheront des régimes publics et leur revenu salarial.
Dès lors, la question qu’il faut se poser est la suivante: avons-nous assez d’argent pour notre retraite ? Voici quelques réflexions pour nous aider à bien évaluer notre situation financière et rendre notre retraite confortable :
- Posons-nous les vraies questions au bon moment 1 – Notre société a changé et nous travaillons plus avec notre tête qu’avec nos bras. Notre espérance de vie augmente, et il y a de bonnes chances que nous passions désormais 25 ou 30 ans à la retraite. Sommes-nous prêts pour cela, financièrement et psychologiquement ? Posons-nous les questions qui correspondent à notre situation actuelle, en tenant compte de la réalité d’aujourd’hui.
- Évaluation des revenus nécessaires à la retraite – À la retraite, les habitudes et les besoins quotidiens évoluent. Il est généralement admis qu’il faut environ 70 % du revenu annuel brut moyen des 3 dernières années pour maintenir le même niveau de vie. Évaluons toutes les sources de revenus à notre disposition : Programme fédéral de la sécurité de la vieillesse, Régime des rentes du Québec, Régime complémentaire de retraite et Épargne personnelle. En aurons-nous assez ?
- Indexation des rentes contre l’inflation - La protection du capital est essentielle, mais pour conserver notre pouvoir d’achat à la retraite, les épargnes accumulées et les revenus qui en découlent devront croître plus rapidement que l’inflation.
- Réduction de l’impact fiscal – L’imposition des gains et des revenus durant la phase d’accumulation peut avoir un impact fiscal important et réduire notre épargne disponible pour la retraite. Plusieurs véhicules financiers permettent de minimiser cet impact :
• Le REER est un régime d’épargne retraite dans lequel les gains sont à l’abri de l’impôt. Les cotisations sont déductibles d’impôts, et les retraits sont imposables. Il peut être personnel ou collectif.
• Le CELI répond à des besoins ponctuels : nouvelle voiture, rénovation, projets d’affaires, etc. Les cotisations ne sont pas déductibles d’impôts, mais les gains et les retraits ne sont pas imposables.
• Le REEE, permet d’amasser un capital à l’abri de l’impôt et de défrayer le coût des études postsecondaires de nos enfants. Les cotisations toutefois ne sont pas déductibles d’impôt.
- Accumulation dans des placements non enregistrés - Si nos revenus sont plus élevés, on ne peut alors se limiter aux seuls placements enregistrés. Il existe d’autres produits et stratégies pour accumuler des actifs en vue de la retraite comme par exemple certains produits d’assurance, le programme d’achat d’actions de la société qui nous emploie, l’immobilier, les valeurs mobilières.
- Politique de placement - Elle doit nous permettre d’atteindre nos objectifs à long terme. Elle nous protège contre des décisions émotives que des événements soudains et stressants, comme une baisse prononcée de la Bourse, peuvent nous faire prendre.
Si elle doit être ajustée en fonction de l’évolution de notre situation personnelle et familiale, il faut la maintenir dans les paramètres que nous avons définis en termes d’objectifs d’investissement et de risque. Une entrée ou une sortie de capital, ou encore un rééquilibrage sont des occasions d’ajuster les composantes pour revenir à la structure désirée.
- Nos besoins d’assurance à la retraite – En prenant notre retraite, la plupart des avantages collectifs reliés à notre emploi cessent d’être en vigueur. Il est donc primordial de vérifier quelles protections peuvent être conservées et de déterminer si nos proches et nous-mêmes bénéficierons d’une couverture adéquate en cas de décès ou de maladie.
- Choisir son conseiller financier – L’univers des services financiers personnels, est un labyrinthe de conseils et de produits. Avec les scandales des dernières années, nous sommes en droit de nous demander si « nos placements actuels sont entre bonnes mains ? » Dans son récent livre Comment choisir son conseiller financier, Jean Dupriez 2 nous présente les qualités essentielles d’un bon conseiller financier et nous amène à découvrir sa vraie personnalité: sera-t-il à notre service, au sien ou à celui de son employeur?
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À quel âge pourrons-nous prendre notre retraite ? Savons-nous combien coûtera la retraite dont nous rêvons? Comment protéger notre capital contre les effets de l’inflation et minimiser l’impact fiscal ? Quels types de placement et stratégies devons-nous choisir ? « Face à tous ces défis, l’essentiel de la solution devient la responsabilité de chacun. Commençons dès aujourd’hui à assurer notre propre sécurité financière 1 ».
Parlons-en à notre conseiller !
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* PCAA : papier commercial adossé à des actifs (hypothèque, prêt-bail auto, créance sur cartes de crédit…)
CDS : Credit Default Swaps ou couvertures de défaillance d’un actif de référence (dettes de pays souverains ou d’institutions financières)
1 Hélène Gagné, F. Adm. A., Pl. Fin., CIM Gestionnaire de portefeuille, Associée de PWL Capital www.hgagne@pwlcapital.com Votre retraite crie au secours, aux Éditions Transcontinentales
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2 Jean Dupriez, LL.L., DAE., Pl. Fin. Conseiller indépendant, Valimax www.valimax.com Comment choisir son conseiller financier, Éditions Edival www.somabec.co
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