Une image des marchés
La crise financière des subprimes qui a provoqué la dégringolade des marchés financiers tout au long de 2008 aura donné des sueurs froides aux investisseurs.
La déréglementation des marchés et la couteuse liberté prise par certains spécialistes en ingénierie financière de complexifier des produits pour le seul appât du gain, nous a démontré l’immensité du risque du « laisser faire-laisser aller ».
Les marchés financiers ont plongé dans un gouffre, entraînant à leur suite la plupart des économies mondiales dans une forte récession. D’un seul coup des rêves de retraite se sont évanouis, le chômage a grimpé en flèche, l’immobilier s’est effondré et de nombreux travailleurs se voient forcés aujourd’hui de travailler plus longtemps…
Pour éviter le scénario catastrophe qui a suivi le crash de 1929, les autorités se sont mises à baisser les taux d’intérêts jusqu’à des niveaux flirtant avec le zéro pour-cent. Durant plus d’un an, entre mi-avril 2009 et fin mai 2010, le taux directeur de la Banque du Canada était de 0.25 %. Cela a donné beaucoup d’air frais à ceux qui étaient lourdement endettés et de nombreuses opportunités à ceux qui avaient la capacité d’emprunter à ces taux d’aubaine.
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L’assouplissement quantitatif et les dettes souveraines
Les États-Unis, aux prises avec une violente récession et un effondrement de leur marché immobilier, ont également mis en place une politique d’assouplissement quantitatif * en faisant tourner « la planche à billets ». Si la création massive d’argent qui en a découlé a été surtout bénéfique pour la finance mondiale, cela n’a pas été le cas pour les investisseurs particuliers ni pour l’économie réelle (activité économique en dehors de sa partie spéculative, c’est-à-dire hors de la finance et de la bourse).
L’explosion de la masse monétaire a fait chuter le dollar US, provoquant par ricochet l’augmentation du prix du pétrole, des denrées agricoles et des matières premières. L’inflation s’infiltre désormais dans nos économies et se fait sentir dans le « panier de la ménagère » dans tous les pays. Mais les chiffres officiels de l’IPC (Indice des prix à la consommation) ne semblent pas concorder avec ceux que perçoivent les consommateurs de l’économie réelle.
Les taux d’intérêts sont à leur plus bas, l’inflation couve et les marchés font face à des incertitudes économiques. La Chine, moteur du monde serait-elle en train d’attraper certains maux du capitalisme ? La forte inflation des denrées alimentaires, l’explosion de l’immobilier dans les grands centres urbains et l’éclosion des conflits sociaux sont-ils le talon d’Achille de la croissance du géant jaune ? Un ralentissement économique en Chine aurait une répercussion sur l’ensemble de la planète.
Sur un autre terrain, de plus en plus de monde se questionne sur le montant des dettes souveraines et les risques de défaut, voir de faillite de certains États. La Grèce en est l’exemple parfait. Incapable de faire face, seule, aux échéances de ses dettes, elle est quasiment en défaut de paiement. Elle a besoin de l’aide extérieure de l’Europe, du FMI et de la Chine qui achète régulièrement des dettes d’États européens. Comment sauver la Grèce ? Mais surtout qui veut bouger pour la sauver en prenant ces risques élevés de défaut de paiement? Peu de volontaires se bousculent au portillon ! Pourtant les conséquences de cette crise seraient énormes pour la stabilité de la zone Euro ainsi que pour la finance mondiale. Et derrière cet arbre il y a une forêt, bien malade elle aussi…
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L’investisseur individuel
Les investisseurs particuliers qui restent présents en Bourse sentent bien les risques qui pèsent actuellement. S’ils y sont individuellement de moins en moins nombreux, ils le sont encore via les fonds communs de placement. Mais ils réalisent que désormais ce sont les « Machins » (les grandes institutions financières) qui font le jeu à coup de programmes experts exécutés par des superordinateurs qui fonctionnent à la nanoseconde. Un simple coup d’œil sur les graphiques techniquement trop parfaits des bourses suffit pour comprendre qu’il y a dichotomie entre la Bourse et l’économie réelle.
Cela dit, se retirer du marché peut impliquer d’accepter le faible rendement actuel des obligations. Et certaines obligations souveraines n’offrent plus une aussi grande sécurité qu’avant à cause des dettes gigantesques des pays.
Le Canada est une des régions économiques les plus stables, mais les placements dans des fonds communs composés d’entreprises hors du Canada sont également affectés par les variations du dollar canadien. Ce dernier pourrait très bien continuer de s’apprécier, vu la forte demande sur les matières premières, et donc réduire sensiblement les rendements des portefeuilles étrangers, voir même annuler. À long terme cela peut faire une différence significative sur les revenus de la retraite.
Les taux de change sont très volatiles. Ce qui est le signe d’un monde économique et financier sous régime de crise financière.
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Alors que faire avec vos portefeuilles ?
Il faut donc se protéger dépendant de la situation globale de votre portefeuille, de vos objectifs à long terme et de votre degré d’aversion au risque. Voici quelques suggestions :
▪ Une première solution est de sortir temporairement du marché un certain pourcentage, entre dix et vingt pour-cent de son portefeuille, histoire de se protéger contre une correction fort probable et attendre pour réinvestir cette réserve dans un creux. Le montant dégagé pourrait être investi dans des bons du Trésor ou des débentures (obligations non garanties de sociétéss) de qualité pour quelques mois ou dans des obligations à court terme du Gouvernement allemand (qui sont de très haute qualité), par exemple.
▪ Mais il y a d’autres voies. Il existe des fonds bear, structurés pour vous prémunir contre la baisse de certains secteurs ou de certains actifs. Il faut choisir les fonds dont le ou les indices de référence caractérisent le mieux les différentes catégories de votre portefeuille global. Ils viendront ainsi compenser la baisse éventuelle de votre portefeuille.
▪ Si vous n’êtes pas à l’aise avec ces stratégies, et que vous souhaitez conservez certains revenus, vous pouvez optez pour des actions ordinaires ou privilégiées de grandes banques canadiennes. Elles font partie des banques les mieux capitalisées au monde et offrent un dividende stable et intéressant. Les actions ordinaires pourront fluctuer avec une baisse des marchés, alors que les actions privilégiées varient peu et donnent un dividende supérieur. Par contre aucun droit de vote n’est attaché à ces dernières.
▪ Et si vous désirez croissance et sécurité, vous pouvez placer votre argent à long terme en optant pour les placements garantis liés aux marchés (PGLM) ? Ils sont sans risque pour votre capital et vous offrent un potentiel de rendement supérieur, pour une durée déterminée.
Votre capital est garanti à 100 % et le rendement est basé sur un indice boursier composé de différents titres ou sur un portefeuille d’actifs financiers (actions, titres à revenus fixes, etc.). Il existe plusieurs options de rachat ou de conversion et de possibilités de revenu mensuel prévisible. De plus, ce sont des placements admissibles au CELI, au REER et aux autres régimes enregistrés.
▪ Une alternative participative. Le capital régional et coopératif Desjardins est un exemple de placement pour ceux qui souhaitent participer dans des entreprises privées et coopératives québécoises, dans l’ensemble des régions du Québec et qui sont prêts à accepter un certain niveau de risque dans leurs placements.
Il s’adresse à ceux qui cotisent un montant important à leur fonds de pension, ou qui ont atteint leur limite de cotisation dans leur REER, et qui cherchent un crédit d’impôt supplémentaire (50 % du montant investi, maximum 5 000 $).
Investi pour une période de sept ans, le capital n’est pas garanti et est évalué semi-annuellement. Il procure aux actionnaires un rendement incitant le réinvestissement.
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Écoutez-vous et osez poser des questions
Les informations contradictoires sur l’état de santé des économies mondiales perturbent les marchés et bien des investisseurs se questionnent. Une prise de conscience s’est réalisée avec le crash financier de 2008 et des changements profonds de notre système économique sont en marche. Nombreux sont ceux qui le ressentent, sans pour autant pouvoir l’exprimer clairement.
Appelez votre conseiller financier pour discuter de vos préoccupations et pour réviser votre situation financière. Vous y verrez plus clair et prendrez des décisions avisées en harmonie avec vos valeurs. Osez appeler et poser des questions !
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a * Dans le jargon des banques centrales, une politique dite d’assouplissement quantitatif est destinée à apporter un soutien complémentaire à l’économie quand le taux directeur est à zéro ou presque et qu’il ne peut donc plus être baissé pour stimuler l’activité.a


•• Éric Asselin: entrevue avec Philippe Terninck
Samedi 1 août 2009 par Philippe Terninck
Perquisition chez Éric Asselin : entrevue avec Philippe Terninck
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